Hermann Huppen passe son enfance à Bevercé dans les Ardennes. Il quitte ce village à l'âge de 12 ans pour s'établir avec sa mère à Bruxelles.

Attirés par le mythe de l'Amérique, les Huppen s'en furent au Canada, en 1957 - 

Mais la nostalgie de l'Europe le tenaille, le désir de revenir sur un sol tout couturé d'histoire et marqué par son passé le ramenèrent en Belgique en 1960 où il continua à exercer les métiers appris au Canada.

Il fait bientôt la connaissance de Philippe Vandooren (son beau-frère et rédacteur en chef de Spirou), qui lui suggère, en voyant ses croquis, de faire de la BD.

Hermann travaille dès lors à mi-temps chez un architecte et dessine l'après-midi.

En 1965, il réalise, d'après un scénario d'Octave Joly, une histoire d'Oncle Paul intitulée Maryse Bastier, livreuse d'avions.

Il poursuit en dessinant un court récit pour les scouts de Belgique, "Histoire en ...able".

Greg le remarque et l'invite à rejoindre son studio.

En 1966, ils créent ensemble Bernard Prince, d'abord sous forme de récits complets, comme il sied à un débutant. Dès lors, son trajet restera lié au journal Tintin, dont il devient progressivement l'un des principaux piliers.

Un aventurier, accompagné de ses deux fidèles acolytes,et de son bateau. Hermann préféra céder le dessin à Dany pour se consacrer à Jérémiah et Comanche.

Tome 1 - Général Satan (1968)

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Tome 13 - Le port des fous (1978) 

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HS - D' hier et d'aujourd'hui (1980)

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Parallèlement aux premières grandes aventures de Bernard Prince, il poursuit la réalisation de quelques "histoires vraies" notamment consacrées à l'Ouest américain, première esquisse de ce qui sera le décor de Comanche.

Hermann réalise également quelques épisodes de Jugurtha (histoire d'un prince Numide combattant contre l'envahisseur romain et les complots fomentés par ses proches). Cette série sera reprise par Franz en 1976.

Mais, dès 1969, Hermann revient au western avec Greg pour lancer Comanche, western très réaliste où le mythe du héros sans peur et sans reproche en prend pour son grade.

L'irlandais rouquin Red Dust, Clem dit Cheveux Fous, Toby dit Face Sombre, Tache de Lune le cheyenne, le vieux Ten Gallons et le noir Toby travaille pour Comanche, une petite brune qui a son caractère dans un ranch du Wyoming.

 

Tome 2 - Les guerrier du désespoir (1973)

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Tome 4 - Le ciel est rouge sur Laramie (1975)

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Tome 5 - Le désert sans lumiere (1976)

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Tome 6 - Furie rebelle (1976)

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Tome 10 - Le corps d'Algernon Brown (1983)

Si l'on veut se livrer au jeu mesquin des influences, Hermann reste indubitablement marqué, jusqu'aux premiers épisodes de Jugurtha, par Jijé, dont il ne retient, il est vrai, que la souplesse et le délié des gros traits noirs, l'irruption de larges tâches d'ombre qui donne cette liquidité si particulière de l'image et de son "éclairage".

Avec Comanche, deuxième produit du tandem Hermann-Greg, nous découvrons un dessin en pleine maturité, très prenant, d'une grande force d'expression, et surtout d'un dynamisme qui, en dehors de Jijé et de sa descendance, fait le plus souvent défaut aux artistes franco-belges.

Lorsque ensuite l'influence de Gir (Giraud) se fait sentir, Hermann a déjà une personnalité suffisamment forte pour n'en retirer que des leçons à intégrer à son propre style.

Car il n'a cessé d'évoluer graphiquement, là où d'autres se soumettent aux facilités de la routine et de l'académisme, Hermann épure donc son dessin : le noir épais des traits rétrécit à ce lavage ; il redécouvre les hachures discrètes ; les grands espaces de l'aventure classique aèrent jusqu'à son graphisme.

Mais il n'a pas pour autant fini de se remettre en question.

L'envie de créer ses propres scénarios le talonne et, en 1977, il abandonne Bernard Prince (laissé aux bons soins de Dany) pour Jérémiah.

Jérémiah est un genre difficile à classer. Ce n'est pas un western, le récit a un côté futuriste mais il n'a rien à voir avec la science-fiction.

L'idée de Jérémiah lui est venue à la lecture de "Ravage", un livre de René Barjavel, qui décrit les lendemains d'une guerre nucléaire.

21ème siècle. La dernière guerre raciale aux Etats Unis a fini dans un grand champignon nucléaire.
Il n'y a plus de gouvernement, plus de lois, plus de respect de la vie. Des groupes d'hommes se sont constitués en villages, la lutte pour la survie est rude. Il faut réapprendre les techniques de base pour les cultures, l'élevage, la construction.
Techniquement, la civilisation humaine a fait un bond en arrière de plus de 200 ans.
Des bandes de pillards sèment la terreur dans cet univers où il faut se défendre de tout : de la nature, des animaux sauvages, des autres hommes.
Jeremiah vit dans un de ces villages. Alors qu'il s'était éloigné de ses compagnons et qu'il essayait de ramener une mule au village, il fait la connaissance de son futur compagnon de route : Kurdy Malloy.
De retour au village, ils ne trouvent que cendres, fumée, et cadavres : le village a été attaqué, ceux qui ne sont pas morts ont été faits prisonniers.
Ceci marque le début d'une longue errance pour ces deux hommes. Une errance qui les entraînera sur les routes du continent nord américain, à la rencontre d'autres communautés humaines, toutes porteuses de nouvelles déviances et horreurs...

Tome 5 - Un cobaye pour l'éternité (1981)

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Tome 14 - Simon est de retour (1989)

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De 1980 à 1983, Hermann illustre "Nic", une série publiée dans Spirou et scénarisée par Morphée, alias Vandooren. 

Nic est un petit garçon qui fait d'étranges rêves avec lesquels il se crée un monde merveilleux peuplé d'une faune incroyable et de personnages farfelus. Un hommage à Little Némo. Créé dans Spirou en 1980.

Tome 2 - Bonnes nuits Nic (1982) 

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En 1982, il lâchera aussi Comanche qui "comanchait à l'ennuyer" et réalise un récit inédit "la cage" avant de se lancer, en 1984, dans "Les Tours de Bois-Maury", une fresque médiévale où son réalisme appliqué à une époque bien révolue fait merveille.

Hermann se consacre également à des expériences nouvelles comme ce récit paru dans la collection Aire Libre de Dupuis : "Missié Vandisandi" (1991) ou encore cette étrange histoire, toujours chez Dupuis, 'Le secret des hommes chiens".

Ces récits "one shot" seront suivis par le cri de révolte "Sarajevo-Tango", un album réalisé en couleurs directes dont la teneur historique et sociale lui vaut de recevoir en novembre 1996 le prix Oesterheld, du nom de ce célèbre scénariste argentin tragiquement "disparu" en 1977.

Avec son dernier album, Caatinga, paru en janvier 1997, le crayon d'Hermann se range une nouvelle fois du côté des victimes d'un certain ordre social, celui qui sévissait dans le Nord-est brésilien des années trente.

Hermann présente une carrière bien remplie. Mais ce dernier, qui déclare dessiner avec "ses tripes", ne s'en contente pas. Il cherche inlassablement de nouvelles voies, des techniques plus sophistiquées, afin de pouvoir s'exprimer d'une manière plus profonde et plus vraie...